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Gaëlle.

Hé oui !!! Y’a pas d’âge pour commencer 😉 … Ma première lettre d’amour. Elle t’es destinée. Elle sera peut-être un peu mal écrite et ou mal exprimée mais promis j’en ferai quelques relectures avant de te la poster. Alors une lettre d’Amour mais pas une déclaration d’amour ordinaire.

D’ailleurs existe t-il des déclarations d’amour ordinaire ? On va pour l’instant laisser l’histoire de nos deux protagonistes – le Chevalier et sa dame Gaëlle – de côté. Donc pas de chapitre 5 ici (rassures toi il viendra très vite et sera très drôle), ni de  «Making Off », ni de chasse aux Trésors,… Rien !

Rien si ce n’est que je vais te parler d’Amour comme tu n’auras peut-être jamais entendu en parler avant ;-), je ne sais pas… Ce que je sais, c’est que moi je n’ai jamais écrit ça à quiconque.

Je voulais juste te présenter l’Amour qui a germé en moi, pour toi, afin d’une part te dire comment je vis notre situation aujourd’hui et d’autre part répondre à une question que tu m’as un jour posé : «Mais que souhaites tu vivre avec moi et comment ? ».

Je n’ai pas encore la réponse ferme, définitive et complète mais je peux d’ors-et-déjà en esquisser certains contours.

Pourquoi cette lettre ?

Alors surtout pas pour te faire de la peine. Au contraire mon but est de t’expliquer, te rassurer… Et continuer à être l’homme prévenant que j’ai toujours souhaité être pour toi.

Te rassurer sur le fait qu’aujourd’hui même si nous avons mis quelques distances entre nous, cet Amour perdure en ce qui me concerne.

Te rassurer sur le fait que cet éloignement d’avec moi est certainement aujourd’hui la meilleure voie à suivre (dans le contexte actuel), pour que tu ailles mieux. T’expliquer aussi que dans quatre mois ou plus, dès que tu iras mieux, si tu souhaites me revoir, cet Amour (le mien) sera intact et surtout inoffensif à ton égard.

Gaëlle, je le disais juste plus haut, je ne veux surtout pas ici te faire pleurer ni cultiver en toi quelconques regrets ou encore faire naitre des remords. Non, jamais. Je suis quelqu’un de sensible, profondément honnête et pas un vil sadique qui souhaiterait te faire du mal d’une quelconque manière. Je suis épris de toi, de la belle personne que tu es et resteras à tout jamais à mes yeux.

Mon unique but dans cette lettre aujourd’hui est de t’expliquer, doucement, que j’ai (enfin) compris ce qui nous était arrivé. J’ai compris ce que tu as ressenti. J’ai enfin compris la situation et ton état de fatigue.

Merci de m’avoir ouvert les yeux car j’aurais sinon, bien malgré moi, continué à te faire involontairement du mal, en te criant mon Amour.

Alors, par où commencer… Sans me tromper !

Point besoin de tout rappeler, toutes ces étapes qui ont émaillé notre rencontre. Elles sont ancrées et  «encrées » dans nos échanges et le resteront à jamais dans ma mémoire.

Je t’ai très vite dit  «Je t’aime »… Oui c’est factuel !!!… Je t’ai aimé très vite… Même pas peur 😉 Pourquoi ? Parce que j’avais l’intime conviction que je ne me trompais pas. Va lutter contre ça toi ! Impossible !!!!! Non, n’insiste pas… Impossible qu’il en fut autrement !

En analysant un peu… J’ai été sous ton charme avant même notre rencontre Fouesnantaise (bon OK tu avais tout fait pour 😉 )… Et je t’ai aimé, sans l’ombre d’un doute, depuis ce 15 novembre 2016.

Notre petit parcours de deux mois, quelque peu sinueux, n’a pas été des plus simple mais qu’importe !!! Tu commences à connaître  «ton Eric » (j’ai failli écrire  «ton Chevalier »). Voilà, mais moi j’ai adoré… Tout ! Depuis les moments les plus simples où notre amour batifolait entre les lignes jusqu’aux moments les plus douloureux où il fallait savoir bien lire (j’ai certainement dû oublier mes lunettes à quelques moments)…

Oui j’ai tout adoré ! Venir te voir, venir t’apercevoir, t’écouter, te lire, te réconforter, t’aimer, te cajoler, te faire sourire, rire et éclater de rire… Tout ça et plus encore !

Merci à toi qui a ainsi goûté à mes  «préservatifs Goobite » (je sais !! ça c’est encore un peu  «borderline » le fait de suggérer que tu aies pu y goûter, mais j’arrive pas à être autrement), à mes  «suppositoires effervescents », aux photos de ta voisine,…. Merci d’avoir bien voulu goûter à ma connerie (de la vraie connerie en boite – du concentré pur-jus) et surtout de m’en avoir redemandé à chaque fois !

Qu’ai-je pu lire ou comment ai-je tout interprété de mon côté ?

A maintes reprises tu m’as déclaré ton amour. Il était là, vraiment là, bien présent, même si légèrement dissimulé et même parfois enfoui dans le sable de la plage des Sables Blancs au même endroit que les clés de la célèbre ceinture.

 

Je parle bien entendu là d’Amour (comme  «aimer d’Amour ») et pas d’une Amitié-Amoureuse.

J’ai donc eu cette immense chance de le voir à quelques reprises et l’apercevoir souvent (y compris ce matin du 10 janvier 2017 lors de notre court mais intense échange de SMS lors de mon cours où tu as au final… Je l’avoue sans honte, réussi à me faire pleurer – t’aurais vu la tête de mes étudiants… Plus aucun d’entre eux n’osait me regarder… Ils regardaient tous leur cours, faisant semblant (c’est une grande première) de se plonger dans les méandres de la cryptographie. Ils ont très certainement imaginé que je venais d’apprendre une terrible nouvelle… Mais non c’était juste « ma Gaëlle » qui venait de m’envoyer un  «How Long will I love you ??? » agrémenté d’un cœur et d’une larme. Moi,… bah voilà quoi… J’ai fondu….

Bon allez… On revient à mon courrier… Bordel !!! Sinon je sens la prochaine larme qui va pointer le bout de son nez 😉

J’ai donc au début mal accepté cette  «Amitié-Amoureuse », même si elle se targuait d’être quasi fusionnelle comme tu le disais. Je ne voulais pas ou ne pouvais pas l’accepter comme telle car j’avais vu tous les signes de l’Amour avant… Et je m’en retrouvais donc frustré.

Alors c’est vrai ! Gros con parfois je suis, gros con je reste… J’ai cependant tenté d’aller contre toi (je n’en suis vraiment pas fier et j’en suis encore très sincèrement désolé) et contre cette  «Amitié-Amoureuse » que tu m’offrais. Je voulais tellement bien faire, tellement montrer le chemin… J’ai ainsi tenté de t’expliquer, ce qui à mes yeux coulait de source, à savoir que l’Amitié-Amoureuse est confortable. Elle protège bien. Elle n’engage pas ou peu celui ou celle qui la donne… Un ami tu l’aimes certes, mais s’il part en voyage pour 6 mois ou plus, cet ami ne te manque guère plus d’une soirée… Et même si ensuite tu le revois avec grand plaisir (6 mois après) on a tous tendance à nous dire « c’est comme si on ne s’était jamais quitté !! ». Oui ces sentiments sont vrais et louables mais un ami, ça ne reste qu’un ami. Un ami tu acceptes qu’il te présente sa nouvelle compagne et tu en es heureuse pour lui, pour eux… Ça n’aurait point été le cas pour nous. Impossible

Alors que ces mêmes signes, ces bribes d’Amour, sont toujours là dans nos tous derniers échanges, j’accepte aujourd’hui cependant volontiers, et avec grand bonheur, cette amitié qui m’est offerte.

Aujourd’hui j’ai compris (Eric est vraiment un gros lourd… Étonnant pour un prof qu’il faille autant lui expliquer), car au cœur de ta souffrance tu as encore trouvé les ressources pour me dire ton amour. Et j’en suis tellement désolé de t’avoir ainsi poussé dans tes retranchements…

Tu as en effet trouvé le courage de me dire que, chaque jour qui passait, tu t’épuisais notamment à attendre mes messages,… et tant d’autres choses. Ce fut pour moi un crève-cœur, un électrochoc, un séisme, une claque,… Je n’arrive pas à le définir vraiment. Ce que j’ai su c’est que je faisais du mal à celle que j’aime !

Je t’ai alors instantanément proposé de me retirer, de m’effacer… Il était temps !

Je me suis dit  «Arrête d’aller la voir et de le lui faire savoir, tu la fais souffrir »,  «Arrête de lui envoyer des messages »,« Arrête de lui dire que tu l’aimes »…  «Arrête Eric ! Arrête !!!! »

Voilà où cet amour – le mien – nous a conduit il y a quelques jours… Avoir été jusqu’à te faire souffrir pour enfin comprendre.

Comprendre quoi ?

Comprendre ce que tu m’avais pourtant très clairement dit maintes fois… : «Je ne peux t’offrir cet Amour aujourd’hui ».

J’ai enfin compris que tu refusais d’appeler cet Amour par son nom et je comprends aujourd’hui pourquoi. Je comprends cette perception que tu as eu et l’impact que tu as pu imaginer. Je comprends l’angoisse de cet « Amour-Envahisseur » qui se pointait, et qui n’avait point sa place dans ton quotidien. Normal ! Quoi de plus normal ???

Le souci (le fait m’en incombe pleinement) est que je n’ai pas su clarifier la situation dès le départ (à Fouesnant notamment et dans les jours qui ont suivi notre première rencontre).

Nous nous sommes laissé aller à nous découvrir, à nous apprécier, à nous aimer, comme deux personnes entièrement libres ou presque de toutes obligations et contraintes externes… Comme me dirait certainement celle que je chéris et que je commence à cerner :  «Grave erreur… Monsieur le Professeur ! ».

Nous n’étions pas libres et nous ne le serons en effet certainement pas l’un et l’autre avant quelques années. Peut-être même jamais, va savoir ! Mais ne pas être 100 % libre aurait dû nous amener en discuter très clairement et très vite. Délimiter un périmètre et voir si ce  «périmètre d’Amour » nous convenait à l’un et l’autre…

Je ne pense pas me tromper en le disant ainsi.

Un périmètre qui fasse plus la part belle à des points de rencontres téléphoniques plus qu’à une insoutenable attente d’un message de l’autre,…. qui privilégie 2 ou 3 rencontres hebdomadaires en soirée par chat (et surtout pas plus) et quelques rencontres physiques (même pour de très brefs instants – même 10 ou 15 min).

Voilà une partie de mon ressenti.

Je ne savais à quel point notre relation t’épuisait, car de mon côté je le vivais différemment et j’ignorais la profondeur de ta douleur.

J’accepte aujourd’hui pleinement ton amitié car il ne peut en être autrement. Je sais aussi que la frontière qui délimite ton amitié de l’Amour que tu as pour moi est ténue, infime. Je saurais donc dès à présent t’aider à te préserver, même s’il m’en coûte un peu (beaucoup, peu importe) de ne plus t’avoir à mes côtés pour tous ces jours qui vont venir.

Je suis, je reste là et serai toujours là pour toi dès que tu souhaiteras m’avoir avec toi, virtuellement ou pas. Instantanément je serai là.

La situation est maintenant claire. Je sais que je t’aime et que je t’aimerai toujours, qu’importe l’issue de ces quatre prochains mois.

 

Ces quatre mois vont te permettre de te ressourcer, de te reposer, de faire le point, de te régénérer.

Cette issue, ce moment où tu y verras plus clair, je le sais arrivera très bientôt. Elle me fait bien entendu un peu peur, mais je te l’ai dit… Je suis un joueur, un parieur, dès l’instant où cela me fait vibrer. Je sais donc qu’elle peut m’être fatale, car nous sommes l’un et l’autre dans ce Tunnel de quatre mois ou plus.

Au bout, à la sortie, il y aura de la lumière pour nous deux. Cet éclairage te dira alors peut-être si tu souhaites vivre notre relation ou au contraire la refuser à tout jamais. C’est le  «risque » très mesuré que je prends aujourd’hui, après en avoir très brièvement débattu avec ma conscience.

Je me suis permis, dans cette lettre, de nommer ton Amour par son vrai nom… Peut-être un peu contre ton gré, peut-être à tord, j’ai le droit de me tromper. Mais je t’explique pourquoi.

Bien que je sois au quotidien rempli de certitudes basées sur mes convictions les plus intimes, il y eu plusieurs fois où j’ai douté de mon analyse sur cette ambiguïté « Amour/Amitié ». J’en arrivais à me demander si je n’avais pas fantasmé notre relation, tout seul comme un grand, dans mon coin.

J’ai relu au moins 4 ou 5 fois l’ensemble de nos échanges… Pas une mince affaire cela, car même si c’est délicieux, cela prend un temps conséquent (plusieurs milliers de messages – sans compter les lettres et notre Saga). Oui je me suis maintes fois replongé dans cette magnifique rencontre pour me demander où ca avait foiré. N’ayant point la certitude d’avoir trouvé car je retombais toujours dans les mêmes travers du « ça va aller »… J’ai donc pris la résolution ces derniers jours, de m’ouvrir à un ami sur notre relation.

Cet ami est ce qu’on appelle  «une tombe » et ne connaît pas mon épouse (il n’y a donc aucun affect à ce stade). Je lui ai fait lire nombre de nos échanges (merci à lui pour ce courage dans la relecture).

Son constat est celui que j’ai pu dessiner plus haut :

«Cette femme t’aime, profondément, tu as vraiment de la chance. Cependant, elle n’est pas prête ni à te recevoir, ni à te donner quoi que ce soit, car elle souffre, beaucoup et dès lors son analyse de la situation ne peut être identique à la tienne Eric. Toi tu vois ça comme quelque chose de léger (comme un ruisseau qui gazouille – ce sont ses mots) elle, elle voit ça comme une mer déchainée, qui fait peur, la peur de mourir ».

Alors Gaëlle voilà ! Cette aide extérieure m’a éclairé et m’a notamment fait te dire, de ne point venir me rejoindre à la plage de Plouhinec, que « c’était trop tôt ». Du jamais vu à mon niveau… Refuser d’accéder à une de tes propositions… Je ne me reconnaissais pas. Mais bon le vrai Eric est vite réapparu ensuite, espérant que tu ne l’aies point écouté. Je guettais la moindre tête blonde aux abords de la plage.

Mon plus vif souhait est aujourd’hui de te voir aller bien. Prends soin de toi. Confie toi si tu le peux à une personne (une amie qui ne te jugera pas) qui saura sans affect t’apporter un éclairage différent du notre (ou pas) sur cette relation qu’est notre histoire depuis ce 5 novembre 2016.

Je souhaite que ce petit courrier du cœur ait pu te rassurer et t’ai apporté un tant soit peu le sourire.

Je t’aime et te garderai quoiqu’il en soit, quoiqu’il arrive, toute ma vie !

Eric

Catégories : Lettre